Slimane Ait Sidhoum, un amoureux du Cinemed (qui le lui rend bien !)

Ecrivain journaliste notamment au quotidien El Watan, Slimane Ait Sidhoum est l’un des grands fidèles du festival du cinéma méditerranéen. Il couvre ce rendez-vous depuis 12 ans déjà. Fan du 7e art, il nous livre son regard sur le Cinemed, et sur le panel de réalisateurs algériens présents cette année à Montpellier.

Comment êtes-vous devenu « addict » au Cinemed ?
Dès mon arrivée à Montpellier en 2005, la première chose qui a attiré mon attention est le Cinemed. Je n’en avais jamais entendu parler auparavant. Et comme j’étais déjà dans la presse à cette époque, j’ai eu mon accréditation. Une belle histoire d’amour est née entre moi et ce festival à ce moment-là.

Vous aimez ce festival. Mais est-ce qu’il vous le rend bien ?
J’y assiste chaque année. Je regarde le plus grand nombre de films possible. C’est extra-ordinaire. Ce festival permet la diffusion de beaucoup de films qu’on ne peut voir ailleurs faute de distribution. A l’occasion de ce festival, on assiste à un réel engouement pour les films méditerranéens. La plupart des séances sont pleines. En plus, chaque année, il y a des surprises surtout concernant le cinéma algérien. Le festival en présente plusieurs films. Pour certains, la qualité n’y est pas vraiment mais, sur le plan thématique, ce sont des oeuvres qui suscitent le débat. Alors, Oui, il me le rend bien (rire). Par exemple, pour cette année, il m’a été permis de rencontrer le réalisateur marocain Faouzi Bensaidi dont je suis fan. J’ai déjà vu tous ces films que je trouve magnifiques. Cette année, le Cinemed m’a enrichi de sa rencontre.

Slimane Ait sidhoum © Zahra Ferhati

En 12 ans, vous avez vu débarquer de jeunes cinéastes algériens. Comment évaluez-vous cette nouvelle garde ?
D’abord, il faut souligner qu’il y a une nouvelle génération qui apporte un nouveau souffle au cinéma algérien. Avec cette jeune garde, on a l’impression qu’il y a une sorte de partage des tâches ou peut-être de genres bien précis. Quand on voit le cinéma de Hassane Ferhani, il verse plutôt vers le documentaire. C’est un petit peu de l’anthropologie de l’individu algérien dans ses indignations, ses rêves, ses amours, ses réflexions…. Quant au duo Onouri – Bendimerad, on est carrément dans le fantastique et le baroque, c’est un cinéma enchanteur. Karim Moussaoui, lui, c’est l’interrogation de la mémoire des années noires qu’on a tendance à occulter. Avec Sophia Djama, c’est la jeunesse révoltée qui vit la rupture et qui est en conflit générationnel. Sans oublier les Mohamed Yargui et Nadia Talbi qui nous présentent une nouvelle bifurcation du cinema algérien : un cinema qui s’exprime en tamazight et qui puise son essence dans une âme authentique plusieurs fois millénaire.

Zahra Ferhati