« Les vacances de l’inspecteur Tahar », l’éternel chef-d’oeuvre

Moussa Haddad est le réalisateur de plusieurs œuvres cinématographiques algériennes dont l’immortelle « Les vacances de l’inspecteur ». Dans ce film, l’inspecteur Tahar et son adjoint nommé « L’Apprenti » sont invités par Ommi Traki, héroïne populaire tunisienne, à passer leurs vacances à Tunis. Avant de quitter Alger, ils marquent un arrêt dans un complexe touristique où un groupe d’Anglais attire leur attention. Un meurtre vient d’être commis. Ni une, ni deux, l’inspecteur Tahar et son apprenti décident d’élucider ce crime. L’enquête s’avèrera ardue, pleine de surprises et de rebondissements. Elle les mènera jusqu’à Tunis où ils retrouveront Ommi Traki et sa famille.

Mêlant comédie et réalité, Moussa Haddad fait preuve d’un génie créatif exceptionnel dans ce film, son 2e long-métrage, sorti en 1972. À travers le duo « inspecteur – apprenti », il relate le quotidien de la société algérienne des années soixante-dix. A cette époque, fraternité, joie et désir de vivre se sont emparés de la jeunesse algérienne, quelques années après la fin de la guerre d’Algérie.

En adoptant un accent très spécial et rigolo, l’inspecteur Tahar incarne le rôle du chef autoritaire. Il n’hésite pas à ridiculiser son subordonné tout le long de leur mission. Son apprenti, extrêmement gentil, abdique et se laisse faire, même si c’est à lui que rien n’échappe.

Dans « Les vacances de l’inspecteur Tahar », le message du cinéaste est doublement fort. Il tente de mettre l’accent sur le lien de fraternité entre les deux peuples, algérien et tunisien. À travers les personnages du détective, de son adjoint, d’Ommi Traki et de son fils, le réalisateur nous fait vivre des moments de convivialité. La famille tunisienne accueille les hôtes en vacances dans cette capitale réputée par son caractère cosmopolite. « Les vacances de l’inspecteur Tahar » a beaucoup marqué et marque encore le public algérien.

Assistant à l’Office de radiodiffusion et télévision française, Moussa Haddad assiste, à son retour en Algérie, le réalisateur Gill Pontecorvo dans le fameux « La bataille d’Alger ». Par la suite, il réalise une panoplie de films : « L’inspecteur Tahar » en 1967, « Sous le Peuplier » en 1972, « Les Enfants de novembre » en 1975, « Hassan Terro au maquis » en 1978, « Libération » en 1982 et « Made In » en 1999.

Aziza Mehdid