Quels livres pour découvrir le cinéma algérien ?

Des dizaines de livres ont été publiés sur le cinéma algérien. Tous traitent de la production cinématographique, de la sémiologie des films produits, de l’économie de ce secteur. Alors que l’Algérie est à l’honneur ce mois-ci au Cinemed, nous avons choisi trois de ces ouvrages. Objectif : vous faire découvrir la richesse de ce cinéma.

 

« Naissance du cinéma algérien » de Boudjedra Rachid

Le cinéma algérien a vu le jour pendant la lutte pour l’indépendance. Boudjedra Rachid nous le raconte dans son livre « Naissance du cinéma algérien ». Cet ouvrage peut être considéré aujourd’hui comme un des classiques sur l’histoire du cinéma.

L’auteur y présente le déséquilibre entre les images produites par les deux parties du conflit, entre images idéologiques de la France et celles des maquisards à la recherche de moyens de lutte. 

En 1957, soit trois ans après le début de la guerre, René Vautier a donné naissance au cinéma militant algérien avec son film « Une nation, l’Algérie ». Un film qui lui valut d’être poursuivi pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat pour une phrase prononcé dans ce long-métrage : « L’Algérie sera de toute façon indépendante ». Pour répondre aux images de propagande que diffusaient la France, ce dernier a rejoint le FLN et a tourné plusieurs images de la guerre. Son objectif : montrer la réalité de la lutte pour l’indépendance.

Selon Boudjedra Rachid, le grand écran a permis aux Algériens de prendre conscience de la réalité de la guerre.

 

« Le cinema algérien : institutions, imaginaire, idéologie » de Lotfi Meherzi

Pour Lotfi Meherzi, les principales thématiques abordées par la jeune génération de cinéastes au lendemain de la guerre était la  rupture avec l’héritage colonial et l’affirmation de l’identité culturelle de l’Algérie indépendante.

  Ce livre retrace l’évolution du cinéma algérien, de indépendance jusqu’au début des années 80. Selon l’auteur, les orientations et exigences politiques de l’époque ont fait du cinéma de l’Algérie indépendante un simple outil de propagande. Les premiers films produits répondaient aux exigences du moment : revalorisation du combat pour l’indépendance avec Patrouille à l’Est d’Amar Laskri (1971), L’Opium et le bâton d’Ahmed Rachedi (1969), « La Bataille d’Alger » de Gillo Pentecorvo, « les vacances de l’inspecteur Tahar »…

Pour les socialistes, au pouvoir à ce moment-là, il fallait « éduquer le peuple ». Les salles de cinéma étaient alors des outils pédagogiques : les cinéastes avaient alors pour obligation de porter sur grand écrant les scènes de la vie ordinaire des Algériens.  Une censure était exercée par le gouvernement, empêchant l’émergence d’une avant-garde cinématographique.

 

« Omar Gatlato » de Merzak Allouache

Dans cet ouvrage, le réalisateur algérien décortique les scènes de ce premier long-métrage qu’il ait présenté.

Dans ce film, Merzak Allouache raconte l’histoire d’Omar, employé au service des fraudes dans la capitale algérienne. Omar cohabite difficilement avec une famille trop nombreuse pour un appartement à la superficie minuscule. Il préfère s’évader de cet univers étouffant pour retrouver son groupe d’amis et partager avec eux une commune passion pour la musique populaire. Un soir, Omar se rend au cinéma, avec l’un de ses collègues de travail. A leur sortie, ils sont tout deux victimes d’une agression, orchestrée par des voyous qui les dépossèdent de toutes leurs affaires, y compris leur précieux magnétophone. Omar cherche alors par tous les moyens à s’en procurer un autre…

Dans cet ouvrage, le réalisateur analyse l’ensemble des éléments esthétiques et iconographiques qui permettent au spectateur de comprendre la signification réelle de ce long-métrage.

Tahar Kaidi